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Lettre 385·XVIII, folios : 319 320
Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Embrun
Laval
,

Transcription

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Monsieur, estant passez par ceste ville hier et avant-hier monsieur l’evesque
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de Carpentraz et monsieur le chevalier de Vaugdemar, ilz m’ont
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laissé les deux lettres cy joinctes pour vous faire tenir, lesquelles
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je vous envoye. Vous verrez par celle de monsieur de Vogdemar
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tout ce qui se passe en Levant. De Rome, monsieur, vous verrez
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par l’aultre cy joincte tout ce qu’on m’en a escrit ces jours
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passez. Monsieur de Savoye a faict cryer par tout son estat que tous
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les huguenotz qui s’y estoient retirez eussent à vuyder dans
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troys jours, sur paine de la vie. Il a faict constituer
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prisonnier à Suze ung soliciteur de l’admiral qu’on dit avoir
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esté à Grenoble. Je ne scay quel il est. Il passa hier icy
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ung gentilhomme espagnol qui m’asseura que Janly avoit
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esté pendu, et ses compagnons, et que le duc d’Albe a levé
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le siège de devant Mons en Henault, et qu’il s’est acheminé
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au-devant du prince d’Orenge qui voulloit entrer en Flandres
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avec grandes forces, et que le duc de Brunsvic suyt
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le prince avec cinq mille reistres pour le service de sa
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majesté catholicque. Voylà tout ce que je scay, monsieur,
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qui me semble estre digne de vous. Au demeurant,
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monsieur, j’ay esté averty qu’il s’est retiré ung ministre
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[v°] en la vallée de Queyras, qui est de mon diocèse, comme
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vous pourrez aussi voir par la lettre du vischastelain dudit lyeu,
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qui faict bien de l’honneste homme à ceste heure et excuse
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bien joliement ce ministre. Si vous trouviez bon, monsieur,
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que suivant les declarations faictes par sa majesté, qu’il
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s’en saisist, qui veult qu’on garde les personnes factieuses
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et qui ont eu quelque charge parmy eulx, se seroit
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leur donner tousjours plus de crainte et empecher qu’il
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ne dogmatise, comme je suis asseuré qu’il ne s’en pourra
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garder. Il y a cinq ou six des anciens de Fressinières
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qui se veullent catholiser, et cuide qu’il y en y a plusieurs
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aultres qui vouldroient faire de mesme si ce n’estoit leur ministre
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et qu’il y a parmy eulx de ces brigans et plus seditieux qu’ilz
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craignent. Je vous avois mandé ces jours passez comme
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monsieur le conte de Tende devoit estre mort, toutesfoys,
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j’ay sceu depuis qu’il n’en est rien, mais qu’il a esté
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bien près. L’on dit que monsieur de Santal a passé oultre
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et qu’il est mort. Monsieur de Rousset m’a escrit
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une lettre que je vous envoye, par laquelle vous verrez, monsieur,
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[320] que nous sommes en quelque esperance de gaigner quelques
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uns de noz voysins de Champsaur et de La Breolle. Je prie
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Dieu qu’il nous en face la grace. Je ne vous seray
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ennuyeux de plus long discours, si ce n’est pour me
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recommander bien humblement à votre bonne grace et pryer
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Notre Seigneur qu’il vous veulle donner,
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Monsieur, en très bonne santé longue et très heureuse vie.
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D’Ambrun, le XXVme de septembre 1572,
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Votre très humble allié et serviteur
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G davanson A d’Ambrun.